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Fernando Alonso

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anne580

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Voilà la biographie de Fernando Alonso.
Et quelques informations sur lui


chaque qu'un est libre d'avoir son avis sur son pilote ou sur le team mais c'est pas une raison pour casser l'option des autres. Je suis fan d'Alonso pour le bonheur ou le malheur des autres mais voilà c'est dit ! et ça je vous pris de le respecter merci.

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Senna est l'idiot de Schumacher

Michael Schumacher a terminé sa course avec le nez de sa Mercedes dans le diffuseur de la Williams de Bruno Senna. Bien que cela se discute, Michael Schumacher estime que c'est le neveu d'Ayrton Senna qui a fait n'importe quoi.
 
Mon avis : c'est tellement plus facile d'accuser les autres. 
 
Résultats du GP

Le partenariat Williams-Renault remporte sa première victoire lors du Grand Prix d'Espagne.

Pastor Maldonado a scellé la première victoire du partenariatWilliams-Renault lors du Grand Prix d'Espagne. Le Vénézuélien a remporté la victoire depuis la pôle position, la première de cette collaboration nouvelle génération.

Lotus F1 Team place un second moteur Renault sur le podium avec Kimi Raikkonen qui
termine à la troisième place. Son co-équipier Romain Grosjean a passé la ligne en quatrième position, permettant au moteur Renault RS27 d'occuper trois des quatre premières places.

Red Bull Racing-Renault a connu une course plus difficile, avec Sebastian Vettel terminant sixième.

Caterham F1 Team a connu un doublé arrivée avec Heikki Kovalainen 16ème et Vitaly Petrov 17ème.

Sebastian Vettel et Fernando Alonso sont à égalité en tête du championnat des pilotes tandis que Red Bull Racing continue de mener le championnat des constructeurs. Lotus F1 Team s'est rapprochée de la seconde place, et Williams est sixième, à égalité de points avec Mercedes. Caterham reste en 11ème position.

Retransmis en direct à L'Atelier Renault à 14h. 
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#Posté le mardi 15 mai 2012 03:04

Modifié le mardi 15 mai 2012 06:44

Williams, du rire aux larmes

F1 : Pastor Maldonado, l'homme que l'on attendait pas
Il est victime de ces moqueries incessantes depuis ses débuts en F1 en 2011 au côté
de Rubens Barrichello. Ce week-end, Pastor Maldoando n'a pas profité de circonstances de courses particulières, ni d'hécatombes lui ouvrant le chemin du succès.Williams, du rire aux larmesWilliams, du rire aux larmes
C'est hier la blessure la plus grave parmi les 31 personnes qui ont été soignées,
selon un communiqué de la FIA. La FW34 pilotée par Bruno Senna était dans son
garage au moment où les flammes ont sévi et elle a subi de gros dégâts.
 
Sébastien Loeb fait progresser le Grand Prix de Pau [+ diaporama]

Gros succès populaire pour les deux courses de Porsche Carrera Cup boostées par la présence de Sébastien Loeb. Williams, du rire aux larmes
Williams, du rire aux larmes
L'espace Total pris d'assaut samedi pour une séance de dédicaces de l'octuple champion du monde des rallyes venu avec sa voiture WRC.
Williams, du rire aux larmes
A chaque apparition, le champion était poursuivi par ses fans.
Williams, du rire aux larmes
Martine Lignières-Cassou dans le Motorhome de Sébastien Loeb.
© DR
Williams, du rire aux larmes
Un doublé pour le Team Loeb avec deux succès du patron.
© M.Z.
 
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#Posté le mardi 15 mai 2012 02:19

Modifié le mardi 15 mai 2012 02:53

Céline Dion sortira son nouvel album en septembre ? A CONFIRME !

Attendu pour le 21 novembre dernier, le nouvel album anglais de la chanteuse québecoise a été maintes fois repoussé. Il devrait finalement sortir fin septembre 2012. Malade en mois de février, la star avait repoussé la fin de l'enregistrement de cet album dont on sait peu de choses. Un nouvel album français signé Luc Plamondon devrait suivre. Les fans espèrent pouvoir apprécier un premier single anglais dès juillet. Pour le moment, l'entourage de la star n'a rien confirmé. Affaire à suivre...
 
Céline Dion sortira son nouvel album en septembre ? A CONFIRME !

Céline Dion sortira son nouvel album en septembre ? A CONFIRME !

Attendu pour le 21 novembre dernier, le nouvel album anglais de la chanteuse québecoise a été maintes fois repoussé. Il devrait finalement sortir fin septembre 2012. Malade en mois de février, la star avait repoussé la fin de l'enregistrement de cet album dont on sait peu de choses. Un nouv...

celinedionuneartiste.skyrock.com

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#Posté le lundi 14 mai 2012 08:48

Maintenant, nous avons un après-midi de travail et l'étude des stratégies possibles. Belle surprise en qualification ..! Maintenant, je nous avons un après-midi de travail et l'étude des stratégies possibles.

GP d'Espagne : Hamilton devant, Grosjean 2éme
Jean-Eric Vergne, très à l'aise lors des essais libres a réalisé le 17eme temps. Charles Pic, Bruno Senna, sorti de piste, Vitaly Petrov, Heikki Kovalainen, Timo Glock, Pedro de la Rosa, Narain Karthikeyan ont en revanche été éliminé.
Le Vénézuélien Pastor Maldonado, dans une Williams-Renault, a remporté le Grand Prix d'Espagne de Formule 1, dimanche sur le circuit de Catalogne, devant l'Espagnol Fernando Alonso (Ferrari) et le Finlandais Kimi Räikkönen (Lotus-Renault).
Les commissaires étudieront l'accident entre Michael Schumacher (Mercedes) et Bruno Senna (Williams) après la course. Un incident entre Felipe Massa (Ferrari) et Sebastian Vettel (Rd Bull) est également étudié pour un dépassement sous drapeaux jaunes.

Pastor Maldonado sait bien s'entourer, et notamment avec un agent bien connu chez nous. En effet, ce n'est autre que Nicolas Todt, le fils de Jean, qui s'occupe notamment des intérêts de Felipe Massa et d'un autre espoir français, Jules Bianchi. 
Déception pour Bruno Senna, clairement en retrait et victime d'un accrochage avec Michael Schumacher. Pas de miracle pour Caterham qui reste la dixième écurie du plateau, loin devant les mauvais élèves, mais loin derrière le peloton.   C'est une journée merveilleuse, pas seulement pour moi mais pour toute l'équipe.   Bon anniversaire monsieur Frank Williams !
 
 
Vidéo

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Publiée le 10 mai 2012 par Laura Emma O'connor Making

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Une petite video avec photo trouver sur différents site et google sur Felipe Massa qui est pour moi un pilote exceptionnel     
 


Sébastien Loeb au Grand Prix de Pau 
Interview de Sebastien Loeb à l'occasion de sa participation au Grand Prix Moderne de Pau.
Vidéo

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Site officiel de Sébastien Loeb - GP de PAU

Site officiel de Sébastien Loeb - GP de PAU

Site officiel de Sébastien LOEB

www.sebastienloeb.com


Alonso : Nous allons dans la bonne direction :
Troisième place pour Fernando Alonso sur la grille de son Grand Prix à domicile, c'est certainement plus que n'en espérait l'Espagnol avant le début du week-end. Selon lui, c'est le signe que Ferrari progresse correctement.
Schumacher est revenu au micro de TF1 sur son accrochage avec Bruno Senna. « Je ne pouvais pas anticiper les mouvements de Bruno Senna qui allait de gauche à droite pour défendre sa position. Je n'ai rien pu faire pour éviter la collision ».


Michael Schumacher pénalisé à Monaco :
Suite à l'accrochage survenu entre Michael Schumacher (Mercedes) et Bruno Senna
(Williams) au Grand Prix d'Espagne, le septuple champion du monde sera pénalisé de cinq places sur la grille de départ du Grand Prix de Monaco.


Grosjean : << Monaco ? Ca va être trippant >>
Quatrième du Grand Prix d'Espagne, Romain Grosjean a marqué de précieux points pour Lotus dans sa quête de titre mondial des constructeurs. Le Français espère continuer sur sa lancée dès le GP de Monaco, dans deux semaines (le 27 mai).
Romain Grosjean (Lotus) est devenu à Montmelo le premier Français auteur du meilleur tour en course depuis Jean Alesi (Benetton) à Monaco en 1996.

GP d'Espagne : Maldonado comme un grand
Si jamais vous regardez le classement du championnat, vous verrez queFernando Alonso est leader, à égalité de points (61) avec Vettel, alors qu'on ne cesse de marteler depuis le début de la saison que la F2012 n'est pas compétitive.
Maldonado: "Nous nous sommes tellement démenés..."Fernando [Alonso] a fait un meilleur départ que moi mais je suivais simplement le rythme et c'était génial ! C'est mon premier podium et ma première victoire, vous pouvez imaginer ce que je ressens... C'est la première victoire de Williams depuis 2004. 
Massa at-il abattu ses dernières cartes?En effet, il n'est pas facile d'être le coéquipier de Fernando Alonso, un pilote fougueux et qui sait ce qu'il veut. Felipe Massa a toujours eu besoin d'un soutien derrière lui pour avoir confiance en lui. Le GP d'Espagne n'aura pas arrangé la donne. 
F1: Sir Jackie Stewart voit en Alonso un pilote ''fantastique'' Alors que la hiérarchie est totalement chaotique, Sir Jackie Stewart constate qu'Alonso sort du lot. La Ferrari F2012 n'est pas considérée comme la meilleure monoplace du plateau, pour autant Fernando Alonso a continuellement inscrit des points.


 
Senna n'a plus de voiture
14/05/2012

 




Terribles scènes une heure après l'arrivée du Grand Prix dimanche, quand un impressionnant incendie a ravagé le stand Williams, faisant plusieurs blessés légers. Les dégâts sont importants, la voiture de Bruno Senna a notamment été la proie des flammes.

Fernando Alonso :  Les photos de mes voyages curieux et Tomita, q j'ai vu au Japon il ya 8 ans, j'ai pris des photos à travers le monde ... et j'espère que vous aimez ..!
 





 




 
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#Posté le samedi 12 mai 2012 08:40

Modifié le mardi 15 mai 2012 04:32

les réactions

 Grosjean : "C'est bon signe pour la course" Fernando Alonso : "Romain Grosjean peut gagner" bouiller : il faut rester les deux pieds sur terre "Les pneus seront la clé du Grand Prix" Alonso : "Les points, c'est demain"
les réactions
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#Posté le samedi 12 mai 2012 08:06

Panis, prénom Aurélien

Panis, prénom Aurélien
« Pau, j'adore. Je m'y suis régalé en 2011, pourquoi l'histoire ne se répéterait-elle pas cette année ?  »,  questionne Aurélien, 17 ans. Le jeune Panis aborde ce deuxième rendez-vous de la saison en Formule Renault, au sein de l'écurie RC Formula, avec une grande appétence :  «  Comme je me suis régalé l'an dernier sur ce tracé dans une ambiance formidable, j'espère vivre la même chose. Mais, sachant que l'erreur est fatale, j'irai progressivement. On peut tout anéantir en étant trop confiant ou allant narguer les rails avec lesquels nous flirtons. Il faut rouler constant, il faut rouler juste... » Le minot n'a peur de rien, il a dans sa tête le déroulé de son week-end : « Aux essais libres (hier), j'ai mémorisé le parcours. Aux qualifs, je chercherais le tour clair afin de me positionner favorablement sur la grille de départ car les dépassements sont quasi-impossibles ou alors en prenant des risques inconsidérés. » 
 
 
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#Posté le samedi 12 mai 2012 07:52

Barrichello revient sur l'affaire

DIx ans après, alors qu'il a quitté la Formule 1,Rubens Barrichello raconte le triste jour où, pilote Ferrari, il a dû céder la victoire à son coéquipierMichael Schumacher, sur ordre de son stand.
Le 12 mai, cela fera une décennie, jour pour jour, que Barrichello a ouvert cette porte au dernier instant sur la piste de Spielberg. Il l'a fait à la demande de Jean Todt, le patron d'alors de la Scuderia, devenu depuis président de la FIA.
 

"Une forme de menace"


"Ce furent huit tours de guerre",  se souvient Barrichello aujourd'hui, dans la presse brésilienne.  "Il est très rare que je perde mon sang-froid, mais j'ai hurlé dans la radio. Jusqu'à la fin j'ai dit que je ne voulais pas le laisser passer."Barrichello revient sur l'affaire


Qu'est-ce qui fit changer Barrichello d'avis ?   "C'est quelque chose de plus important. Ce n'était pas à propos de mon contrat", répond aujourd'hui Barrichello.  "C'était une forme de menace qui m'a fait repenser à toute ma vie, parce que la grande joie de mon existence, c'est de conduire."


On n'en saura pas plus pour l'instant. Suite dans dix ans ?
 

Barrichello et Alesi ont tourné
 
Les deux anciens pilotes de Formule 1, Jean Alesi etRubens Barrichello, on pris part à leur première séance du Rookie Orientation Programme sur le circuit d'Indianapolis, jeudi.
Les deux ex-pilotes Ferrari courront pour la première fois la plus renommée des courses américaines le 27 mai. Avant de débuter les "vrais" essais, ils sont soumis à une formation même s'ils font partie des pilotes les plus expérimentés au monde.
Ce fut aussi le cas de six autres pilotes, dont un autre Français, Simon Pagenaud.
Sur la Dallara-Lotus, Alesi a signé le dernier temps, à 5"4 de James Jakes. Mais le Français s'est montré satisfait de ses 18 premiers tours. "C'était un grand jour et je suis très heureux d'être à Indianapolis", a-t-il dit. "C'est très rapide, mais je dois encore beaucoup apprendre." Barrichello a réussi le 4e temps. Une deuxième séance est prévue aujourd'hui.



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#Posté le samedi 12 mai 2012 07:43

Pau-Porsche-EL1: Loeb déjà devant

Circuit - Vendredi 11 mai - 18h32


Sébastien Loeb (Sébastien Loeb Racing) a signé le meilleur temps de la première séance 
d'essais libres de la Porsche Matmut Carrera Cup sur le circuit de Pau avec un chrono de 
1'21"167. L'Alsacien devance d'un dixième Come Ledogar (Pro GT by Almeras) tandis que 
Sylvain Noel (Racing Technology) accuse trois dixièmes de retard. Jean-Karl Vernay et Sacha Bottemanne (Sébastien Loeb Racing) complètent le top cinq.
 
Pau-Porsche-EL1: Loeb déjà devantSÉBASTIEN LOEB S'IMPOSE EN ARGENTINE
DIMANCHE 29 AVRIL 2012
 
CORDOBA - Le Français Sébastien Loeb (Citröen DS3) a remporté le rallye d'Argentine, 5e manche du Championnat du monde (WRC), dimanche à Villa Carlos Paz, devant son coéquipier finlandais Mikko Hirvonen pour son septième succès consécutif dans ce rallye. 

Il s'agit du 70e succès de Loeb en WRC et le troisième cette saison après le Rallye Monte-Carlo et le Mexique.






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#Posté le samedi 12 mai 2012 07:34


Un gros coup de coeur pour cette photo !!! J'aime beaucoup cette photo
 
http://www.wri2.net/view_main.aspx?INIT=1&PAGE=1&PERIOD=&SRC=bruno%20senna&CATEG=F12010&sid=0.3928652259055525
 
Bruno Senna, Lotus Renault GP | Main gallery | Photos | Motorsport.com

Bruno Senna, Lotus Renault GP | Main gallery | Photos | Motorsport.com

Bruno Senna, Lotus Renault GP - 9 June 2011

www.motorsport.com

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#Posté le samedi 05 mai 2012 13:01

Modifié le mardi 08 mai 2012 14:09

Le dernier virage

Le dernier virage Dans les secondes qui suivirent le choc, les ténèbres envahirent peu à peu un monde qui nous était jusque-là familier. Le casque jaune d'or était resté immobile dans le cockpit. Un mouvement, le moindre mouvement, c'est tout ce que l'on guette d'abord, car c'est la preuve de la vie. Même lorsque des mains habiles l'eurent déposé avec mille précautions sur le sol, à côté de l'épave ravagée de sa voiture, aucun mouvement ne se manifesta. Une ambulance attendait pour l'emmener à l'antenne médicale du circuit, itinéraire normal vers l'examen, la réanimation puis la récupération. Les mains habiles ne le mirent pas dans l'ambulance, mais dans l'hélicoptère posé sur la piste, qui l'emmena directement à l'hôpital Maggiore de Bologne. C'est là que je compris.
 L'ombre s'épaissit. Les bulletins qualifiaient son état de critique, parlaient de coma, des lésions graves du cerveau, qu'il était cliniquement mort, puis, à 18h40, heure locale, que le décès avait été constaté.
 Ayrton Senna avait 34 ans.
 Au fil des années, il avait transformé le monde que nous avions connu et là, maintenant, son départ bouleversait encore tout. Il laissait un vide que certains essayaient de combler par les larmes ou par le refoulement des larmes, d'autres par le silence, d'autres encore par de fiévreuses spéculations sur les événements qui avaient précédé cette courbe appelée Tamburello, au septième tour de ce Grand Prix de Saint-Marin, le 1er mai 1994, d'autres en reconstituant l'ensemble de ce Grand Prix, en quête d'indices, passant au crible toutes ses paroles, d'autres enfin en s'éloignant simplement, dans l'acception de la signification de leur solitude.
 Je me demande si cette acception s'est imposée. Si certains même la trouveront jamais.
 Les instants, heures et jours qui suivirent ont semblé se bousculer les uns les autres en une perspective vertigineuse de péripéties télescopées. Le chagrin se manifesta publiquement aux portes de l'usine Williams de Didcot, en Angleterre, où des anonymes vinrent déposer des bouquets ; dans les rues des villes du Brésil, où hommes, femmes et enfants ne cachaient même pas leurs larmes tandis que le pays observait trois jours de deuil national. Mais pour mesurer la stature de Senna, il faut parler de chagrin universel. 
 Les péripéties commencèrent par une autopsie, suivie de l'inculpation du directeur général du circuit de Saint-Marin, de la mise sous scellés de la Williams, de la nouvelle selon laquelle la << boîte noire >> avait été retrouvée et qu'elle pourrait contribuer à calmer les spéculations échevelées, mais la dimension personnelle de Senna allait porter celle de l'accident à des degrés toujours plus élevés. La clameur s'amplifia au sujet de la sécurité, non seulement celle de Tamburello, mais de l'ensemble du circuit d'Imola, non seulement au sujet de la Williams, mais à propos de toutes les monoplaces de Formule 1, à propos des casques et de la protection des vertèbres cervicales. C'était bien là le type de questions qui crépitent après chaque accident grave, mais, en l'occurrence, leur urgence procédait de la dimension de la victime. Quel était l'intérêt du sport automobile ? Allait-il survivre ? Devait-il même survivre ? Cela ne masquait pas la question numéro un, celle qui concernait les quelques secondes du septième tour du Grand Prix de Saint-Marin.
 Pourquoi ?
 Ayrton Senna avait quitté l'écurie Malboro-McLaren pour entrer dans l'équipe Rothmans-Williams-Renault en vue de disputer le championnat 1994, avec Damon Hill comme coéquipier. La Williams paraissait alors invincible : elle avait fait de Nigel Mansell le champion du monde 1992, de Prost le champion 1993. Senna avait orienté toutes ses années d'adolescence et de sa vie d'adulte vers le succès et, apparemment, les Williams demeureraient imbattables. Il les rejoignit. La décision fut en réalité moins brutale et moins calculée, mais nous reveindrons ultérieurement sur ce point.
 Au Brésil, pour la première épreuve de la saison 1994, il fut nettement surclassé par le jeune pilote allemand Michael Schumacher (Benetton-Ford) et sortit de la piste. Peu après le départ de l'épreuve suivante, le Grand Prix du Pacifique, sur le circuit d'Aida, au Japon, il fut  poussé de l'arrière et dut s'écarter et abandonner. Schumacher gagna encore.
 Plus le Grand Prix de Saint-Marin approchait et plus la pression fut mise sur Senna. Sa présence confirmée chez Williams avait donné lieu à d'énormes espoirs, dans l'équipe et hors de l'équipe, qui restaient à concrétiser. Pour la première fois de sa carrière, il était battu par un pilote plus jeune que lui et, surtout, plus jeune de près de dix ans. Même si Senna remportait le Grand Prix de Saint-Marin devant Schumacher, ce qui paraissait néanmoins très, très difficile, Schumacher conserverait quand même la tête du championnat avec 26 points contre 10. Si Senna ne s'imposait pas, ce championnat qui lui apparaissait, il y a encore quelques semaines, comme une simple formalité, allait se transformer en une immense montagne à gravir peuplée de dangers, de pièges et de crevasses sans fond.
 En outre, les règlements de la Formule 1 avaient changé en éliminant les aides à la conduite les plus sophistiquées telles que l'antiblocage de roue et l'antipatinage. Théoriquement, cette réforme rendait au pilote la pleine capacité de piloter. En pratique, il apparut que le contrôle des voitures posait davantage de problèmes. Senna considérait ces changements comme malvenus.
 << Cette saison va connaître beaucoup d'accidents. Je prends même le risque de dire que si rien de grave ne se passe, nous aurons de la chance. >>
 Avec le recul des événements, ces paroles prennent soudain la dimension d'une obsédante et déchirante prémonition. Elles ont crépité sur les écrans de télévision, fleuri dans les services de télétexte, envahi les communiqués des agences de presse, occupé les radios, barré les unes des grands journaux, mais pas le jeudi 28 avril, alors que les pilotes arrivaient à Imola, une paisible et verdoyante petite ville aux splendeurs déclinantes, pour aborder la première journée d'essais. Une autre course en un autre lieu. Peut-être certains ont-ils parlé du revêtement de la piste, traditionnellement bosselé au point de poser des problèmes aux voitures de Formule 1, mais il avait été resurfacé aux endroits stratégiques.
 Une heure après le début de cette séance d'essais, le Brésilien Rubens Barrichello perdit le contrôle de sa Sasol-Jordan à la Variante Bassa, un droite serré avant l'entrée des stands. La voiture avait mordu les bordures, allumant ses pneus arrière alors que Barrichello tapait dans les freins, mais l'angle du bas-côté servit de rampe de lancement. La machine se transforma en missile et frôla le sommet de la barrière de pneus avant de s'écraser contre les grillages de protection situés derrière. Sous le choc, la voiture rebondit et se retourna. Les services de sécurité réagirent avec rapidité et Barrichello suivit l'itinéraire normal, l'antenne médicale du circuit pour un premier examen, puis l'hôpital Maggiore, où l'on constata qu'il ne souffrait que d'une fracture du nez et de côtes cassées.
 << Je me rappelle parfaitement le moment où j'ai touché la barrière,dira Barrichello, dans l'attente du crash, puis tout est devenu noir. Le souvenir qui suit immédiatement, c'est le centre médical et la présence de Senna. Senna a été le premier à venir me voir à l'hopital. >> Lors de la reprise des essais, le coéquipier de Senna, Damon Hill, quitta la piste et partit en tête-à-queue. Ces monoplaces étaient-elles vraiment contrôlables ? Quelques instants après, Martin Brundle (Marlboro-McLaren-Peugeot) fit aussi un tête-à-queue au virage de Rivazza. Le problème du contrôle semblait décidément se poser.
 Senna s'assura provisoirement la pole position en 1 mn 21 s 648 devant Schumacher, 1 mn 22 s 015. Senna décrivit la séance comme << un peu désordonnée >> après l'accident de Barrichello, << mais je crois que le résultat est excellent, étant donné les circonstances. Je ne pense pourtant pas avoir piloté correctement. J'étais en piste au moment de l'accident et, après, je ne pouvais pas bien conduire, déconcentré, incapable de coordonner. Je n'étais plus en mesure de me concentrer sur le pilotage. >> 
 Mark Fogarty, de Car Week, attendit patiemment que Senna émerge du motor-home afin de l'interviewer sur le développement de son empire industriel.
 << Il devait être environ 18 heures, dit Fogarty. Le debriefing avait été long. Nous avons bavardé entre quinze et vingt minutes dans un coin. Il semblait détaché, pas du tout concentré sur lui-même. Dans les interviews, il hésite souvent longtemps avant de répondre à une question, tout en préparant sa réponse avec une très grande précision. Là, il était encore plus hésitant que d'habitude. Il paraissait très fatigué, les yeux rougis et vitreux, il avait l'air épuisé. A l'évidence, il n'était pas satisfait de sa voiture. Il dit : << Nous avons un gros problème technique. Lorsque mon ingénieur d'exploitation reviendra, il faut que je lui en parle. >> C'est ce qui s'est passé. Ayrton s'est excusé en ajoutant que nous reprendrions cette interview après les qualifications du samedi. >>
 Dix-huit minutes après le début de la séance d'essais du samedi, Roland Ratzenberger, au volant d'une Simtek - une nouvelle équipe de Formule 1 -, arrivait à près de 320 km/h à la courbe Villeneuve, qui précède le virage de Tosa, une des parties les plus rapides du circuit. Il semble qu'une moustache se soit alors détachée. Le pilote autrichien, âgé de 31 ans, percuta le mur gauche à pleine vitesse et la voiture ne s'immobilisa qu'environ deux cents mètres plus loin. Le casque ne bougea plus dans le cockpit. Le pilote reçut les premiers soins au bord de la piste avant d'être emmené à l'antenne médicale, puis par hélicoptère au Maggiore. Il y décéda peu après son arrivée.
 C'était le premier mort en Grand Prix depuis douze ans, depuis exactement le 13 juin 1982, au Canada. Il faut absolument souligner ici que, de tous les pilotes présents à Imola le samedi 30 avril 1994, deux seulement, Andrea de Cesaris (Sasol-Jordan) et Michele Alboreto (Minardi), étaient aussi présents au Canada en ce jour terrible et désespérant. Une période très longue s'était donc écoulée sans accident mortel en course, et l'événement n'en eut que plus d'impact, d'effet en profondeur et de signification. Aucun autre pilote, y compris Senna, n'avait encore vécu de tels moments.
 Ni l'écurie McLaren ni Benetton ne reprit la piste lorsque la séance d'essais recommença, mais Gerhard Berger repartit. << J'étais déjà installé dans ma voiture lorsque j'ai vu les images de l'accident sur la télévision portable. Je me suis rendu compte de sa gravité. Pour la première fois, je me suis rendu compte de sa gravité. Pour la première fois, je me suis rendu compte de sa gravité. Pour la première fois, je me suis mis à trembler après un accident. Dans ce métier, il faut être prêt à affronter ce genre de situation, mais du fait que ce pilote était autrichien et un ami personnel, c'était pire. Je sais bien qu'il ne faut pas faire de différence entre les pilotes, mais vous pouvez être touché de façon différente. J'ai ressenti un malaise. Je suis sorti de la voiture pour retourner au motor-home toujours en tremblant. Vous vous demandez alors si vous voulez toujours piloter. Le problème est d'assumer. Il n'est pas spécialement lié à cet après-midi et cela n'aurait plus aucune conséquence pour Roland. Mais hier, quand j'ai vu l'accident de Rubens Barrichello, cela m'a fait comprendre combien nous étions pris entre la vie et la mort. D'où toutes ces questions. Alors vous dites: Oui, je piloterai dimanche. Et vous repartez pour essayer de vous concentrer sur ce travail. C'était dur, très difficile. >>
 Rappelez-vous : en 1989, au volant d'une Ferrari, Berger sortit à Tamburello ; quelque chose avait cassé sur la voiture et un terrible incendie avait consumé les restes de l'épave après que la monoplace se fut désintégrée contre le muret de béton. Berger n'avait dû sa servie qu'à l'intervention rapide, au courage et à la compétence des équipes de sauvetage, autant qu'à la résistance intrinsèque de la voiture.
 La mort de Ratzenbeger affecta visiblement Senna et Hill.
<< Samedi dernier, dit Fogarty, j'ai littéralement buté sur Ayrton. Je n'avais rien à lui dire, je l'ai simplement regardé. Je ne parle personne, dit-il. Appelez-moi dans le courant de la semaine prochaine et nous traiterons le sujet par téléphone. Il semblait très absent. >>
 Plus tard dans la soirée, Senna téléphona à sa compagne, Adriana Galisteu, top-model de 21 ans en vacances dans sa propriété du sud du Portugal. La mère d'Adriana rapporta la conversion de Senna.
<< Je n'ai pas très bon moral. Ces deux accidents m'ont beaucoup déprimé. Si j'avais un moyen quelconque de ne pas prendre le départ, je l'utiliserais, mais je dois continuer. >>
L'authenticité des sentiments de Senna vis-à-vis d'Adriana ne soulève guère de doute, quoiqu'il ait toujours, à l'exception des moments les plus intenses vécus sur les circuits, fait preuve d'un contrôle total de ses émotions, égal à celui qu'il exerçait sur une voiture.
 Quelques jours seulement avant Imola, Senna avait dit : << Même lorsque vous vivez aux côtés d'une femme que vous aimez, vous devez penser qu'elle risque de vous rendre malheureux un jour. Les relations entre un homme et une femme sont la chose la plus ancienne qui soit au monde, mais il n'existe toujours pas de formule qui garantisse l'amour, la paix et la constance de la relation. C'est pourquoi la relation doit être mise à l'épreuve chaque jour. Il ne s'agit pas seulement de ce rêve qu'entretient la majorité d'entre nous, mais c'est la réalité qu'il faut vérifier. >> Peut-être Senna se rappelait-il son premier mariage qui s'acheva par un divorce, un peu plus de dix ans auparavant. A l'époque, Michael Schumacher avait 12 ans... Là encore, la fuite du temps face au sens de la durée.
 Dimanche 1er mai. Alain Prost commentait alors pour TF1 et, au cours du warm-up du matin, Senna, décrivant en direct le tour du circuit, s'adressa à Prost par la radio de bord : << Un bonjour spécial pour mon cher ami Alain - tu nous manques (depuis que tu as pris ta retraite de pilote). >> Ils s'étaient longtemps bagarrés, montré les dents et souvent frottés sur les circuits ; ils avaient perturbé le monde des Grands Prix par l'exposé répété de leurs griefs; ils avaient réglé leurs comptes dorénavant et, maintenant, par ce matin de printemps, sur un beau circuit, ils s'étaient complètement guéris de cette rancoeur mutelle.
 Avant le départ du Grand Prix, Senna serra la main de Prost qui déclara : << Nous étions rivaux et même plus. Nous ne sommes pas amis, mais nous le serons peut-être demain. >> Par la suite, Prost ajouta : << J'ai remarqué qu'Ayrton avait une attitude étrange, presque bizarre. >> 
 Le départ du Grand-Prix de Saint-Marin se passa très mal, comme tout départ, d'ailleurs, risque de se passer. Les voitures sont placées sur deux files, proches les unes des autres, moteurs rugissant au régime de couple maximal et, au moment précis du lâcher - au feu vert -, c'est une concentration exceptionnelle de réactions, d'accélérations, de tassements et de hasards qui en font un vrai rodéo. Si quelque chose cloche, le temps de réagir se compte en millisecondes, et encore. Peut-être l'image d'une combustion instantanée traduirait-elle mieux cette réalité. 
 La Benetton de J.J. Letho, sur la troisième ligne, venait de caler. Le temps écoulé depuis le 13 juin 1982 et l'île Notre-Dame, au Canada, rejoignit en un spasme de la mémoire le moment précis où Lehto cala son moteur. Rappelez-vous ce 25 avril 1982, sur ce même circuit d'Imola : un pilote de Ferrari, Didier Pironi, surprenait l'autre pilote Ferrari, les Canadien Gilles Villeneuve, en le dépassant malgré les consignes de son chef d'équipe. Chez Ferrari, la consigne veut que le pilote qui tient la tête la conserve, mais Villeneuve mourut quinze jours plus tard aux essais du Grand Prix de Belgique, à Zolder, Pironi accrocha la pole position. Je me rappelle sa conférence de presse qui suivit, ses yeux mi-clos, ses larmes, ses mots à peine audibles : << Nous savons bien tous qui aurait eu la pole s'il avait été là. >> Sur la grille de départ, alors que le feu vert libérait les voitures, le moteur de Pironi cala. La file de monoplaces s'égailla derrière, dispersée par les manoeuvres brutales d'évitement, jusqu'à ce qu'un jeune Italien, Ricardo Paletti, en pleine accélération, vienne percuter la Ferrari de Pironi, la projetant en avant et en travers de la piste. Je revois la scène : Pironi sortant seul de la coque, courant vers la voiture de Paletti, Pironi dans l'élan du moment comprenant qu'il n'avait pas le temps de dire au commissaire le plus proche sur quoi diriger l'extincteur qu'il tenait, si bien que Pironi saisit physiquement le commissaire de piste et le fit pivoter. L'incendie de la voiture de Paletti, une Osella, dura trop longtemps. Le casque ne bougea plus dans le cockpit. Paletti  fut emmené en hélicoptère à l'hôpital où il décéda, point controversé, officiellement. Dans la réalité, il mourut dans son cockpit, dernière victime en Grand Prix avant longtemps.
 La file de voitures éclata pour éviter au mieux l'obstacle jusqu'à ce qu'un jeune Portugais, Pedro Lamy (Lotus), jouant ses chances dans ce rodéo en passant d'une file à l'autre, mais aveuglé par une machine, vînt percuter brutalement la Benetton. << Je n'avais aucune chance de l'éviter, dit Lamy. J'ai aperçu une ouverture à gauche et je m'y suis engouffré.>> Le choc arracha les roues de la Lotus pour les projeter dans la foule par-dessus les grillages de protection. Une des roues manqua de peu un homme qui s'enfuyait, mais frappa un policier et trois spectateurs. L'un d'eux fut touché si durement qu'il tomba dans le coma. Lehto et Lamy furent indemmes. Pendant ce temps, la course était lancée. Senna, auteur de la pole, devançait Schumacher qui trouva la Williams de Senna << nerveuse >>. Ce qui s'ensuivit reste incompréhensible pour moi, comme pour bien d'autres. Les épaves des voitures et des débris de toute sorte traînaient encore çà et là et l'on pouvait s'attendre que la course fût arrêtée jusqu'à ce que la piste eût été soigneusement débarrassée des débris et calmement nettoyée. C'eût été le processus normal autrefois, mais, depuis 1992, une voiture pilote sort et précède à vitesse réduite le serpent des monoplaces qui conservent leurs positions jusqu'à élimination de tout obstacle.
 La file des voitures suivit en ondulant nerveusement pour maintenir les pneus en température. La voiture pilote portait des feux à éclats sur le toit et lorsque ceux-ci s'éteignirent, cela signifia << piste libre mais nous faisons encore un tour complet. Je dégagerai et vous reprendrez la course avec départ lancé. >> Cela signifiait aussi que le Grand Prix reprenait au sixième tour. Lorsque la voiture pilote s'écarta, Senna et Schumacher accélèrent immédiatement à fond, si vite qu'ils prirent instantanément du champ par rapport à Berger, troisième dans le serpent.
 Schumacher fit ce que tout pilote doit faire : revenir sur Senna, essayer de se tenir au plus près avant de chercher un endroit pour le passer. La pression négative qu'à l'évidence Senna subissait a-t-elle joué un rôle dans les événements qui survirent ? Le seul homme capable de répondre à cette question n'est plus là. Je me rappelle bien avoir pensé, alors que Schumacher commençait à mettre la pression sur Senna, que celui-ci allait résister et qu'il atteindrait peut-être ses limites. Senna n'avait pas d'autre solution. Certes, il pouvait céder à un adversaire supérieur - Schumacher - mais c'eût été la négation de toute une vie s'il l'avait accepté. Et quand bien même le moment serait venu où toute résistance aurait été loin du sixième tour dans lequel ils se trouvaient encore, alors que le Grand Prix de Saint-Marin n'en était qu'à sa phase initiale, que d'innombrables permutations pouvaient encore intervenir, une autre course, une autre place, cinquante-deux tours à couvrir, une vie entière à vivre... En duo, Senna et Schumacher franchirent la ligne pour entamer le septième tour, avalèrent la courte ligne droite menant à Tamburello, cette fausse courbe à gauche qui se prend à fond, mais qui vous arrive comme une gifle dans la figure, ce virage insaisissable, à la limite de l'univers, où bien des pilotes se parlent à eux-mêmes à son approche, peut-être pour se dire justement le voilà.
 Senna ne soulagea pas la Williams vers la gauche comme pour en faire un virage ordinaire, une courbe qu'il connaissait bien depuis 1985. Il ne dirigea pas la Williams, n'affina pas - même d'une caresse - l'angle souhaité, au plus près des limites de l'univers, mais avec une marge, une distance de sécurité. Il semble qu'il n'y eut aucune tentative pour la corriger, une ultime tentative pour altérer sa direction. Il alla tout droit. La Williams traversa la zone de dégagement sans marquer le moindre signe de ralentissement.
  Ayrton Senna a dû avoir la vision grandissante du mur de béton qui allait le dévorer, comme si la terre entière était réduite à ce mur, avant le néant. Entre le moment où il quitta la trajectoire et l'impact contre le mur, quelques millisecondes s'étaient écoulées et là, si tout ce en quoi il croyait est vrai, il rencontra le Dieu qu'il disait connaître depuis longtemps. De notre monde physique, après le choc - voiture rejetée par le mur sur la piste -, il ne saurait plus rien. Le meilleur pilote du monde, peut-être le meilleur pilote de tous les temps, avait des mains attentives qui avaient déjà calmé bien des voitures désemparées en bien des endroits périlleux. Quelques instants après, d'autres mains attentives allaient s'occuper de son corps et le confier à d'autres mains, jusqu'au cimetière de Morumbi, à Sao Paulo, cinq jours plus tard.
 La Williams n'était plus qu'une épave ravagée et seul le cockpit semblait avoir survécu. Mais cela ne signifiait plus rien, ni sur le moment, ni maintenant, ni demain, ni même dans dix ans. Le casque d'or contre l'appui-tête n'avait plus bougé.
 Après le choc, les minutes se télescopèrent en heures puis en jours, si bien qu'il semble nécessaire maintenant de rétablir la chronologie, avec, si possible, un respect total de la réalité. On connaît mille détails de l'accident - j'entends détails cliniques - qui confinent à l'horreur. Vous ne les trouverez pas ici. Si vous avez quelque penchant envers ce type d'informations, refermez ce livre. Il n'est pas pour vous. Adriana Galisteu regardait la télévision au Portugal. Un ami, propriétaire d'un avion, lui proposa de l'emmener en Italie, mais, peu après le décollage, la tour de contrôle annonça par radio le décès de Senna. L'avion fit demi-tour et Adriana prépara son retour direct à Sao Paulo.
 Jackie Stewart, l'ancien champion du monde qui avait été à l'origine d'une campagne en faveur de la sécurité sur les circuits, dans les années 60, était à Silverstone avec l'équipe de son fils Paul, qui disputait une épreuve de Formule 3. Jim Dunn, du quotidien The Scotsman, interviewait Stewart afin d'écrire un papier consacré à la sécurité en Formule 1 à partir de l'accident de Ratzenberger puis, maintenant, de Senna. A cet instant, ni Dunn ni Stewart ne savait l'horreur de la situation. Par une incroyable ironie du sort, Stewart expliquait à Dunn comment il avait insisté auprès de Senna pour que celui-ci devienne officiellement la personnalité marquante en matière de sécurité des pilotes et des circuits, celle que l'on écouterait. Stewart et Dunn étaient assis dans une petite pièce à l'arrière de la salle de presse. Quelqu'un entra et dit : << On a des nouvelles de Senna. Je suis désolé. Ce n'est pas bon. >> Un moment s'écoula. Steward regardant ses mains. << On a connu cette longue période de sécurité relative et je crois que les gens sont devenus dangereusement indulgents vis-à-vis des risques. Il faudra faire quelque chose pour réduire la vitesse des voitures. La sécurité passive, représentée par la rapidité des secours portés à Senna, est excellente aussi, mais il ne faut jamais s'en contenter. Je pense que maintenant les autorités sportives doivent se pencher sur la conception des circuits rapides modernes comme celui d'Imola. Peu importe les qualités en matière de sécurité des voitures et des équipements : le corps humain ne peut plus encaisser les accélérations négatives résultant des chocs à haute vitesse. Le corps peut supporter jusqu'à soixante-six fois la force d'accélération de la gravité, mais au-delà... >> 
 Il y eut quand même un Grand Prix de Saint-Marin le 1er mai 1994 que Schumacher remporta, après l'accident de Senna. Par respect des disparus, le champagne n'inonda pas le podium. Plus tard, Schumacher déclara : << Ayrton a subi deux ou trois bosses. J'étais derrière lui et, au tour précédent, j'ai observé qu'il était tangent et instable dans cette courbe. Au passage suivant, il a glissé et perdu le contrôle. >> Une foule estimée à 30 000 personnes se rassembla à l'hôpital Maggiore, si nombreuse que le corps ne put être transféré pour autopsie. A la fin de la course, les spectateurs gagnèrent le lieu de l'accident en quête de souvenirs. On dit même que certains emportèrent du sable taché du sang du pilote brésilien. A Sao Paulo, la police dut protéger l'immeuble de bureaux d'où Senna dirigeait ses affaires, pour le cas où des membres égarés de son fan-club, alors devant leurs postes de télévision, auraient été tentés d'emporter quelques souvenirs.
 
Lundi 2 mai
 
 Des membres de l'écurie Williams regagnèrent l'Angleterre par avion dès le dimanche soir et atterrirent peu après minuit. Ann Bradshaw, la compétente attachée de presse de l'équipe, s'exprima devant la télévision << parce qu'il le fallait. Pas question d'esquiver après ce qui était arrivé. >> Elle prononça quelques mots empreints de tristesse, mais son visage exprimait ses sentiments profonds. Elle semblait revenir d'une autre planète.
 Au matin, les titres de la presse britannique reléguèrent un peu au second plan les nouvelles des premières élections en Afrique du Sud, pourtant considérées comme un tournant de l'histoire du XXème siècle. Ce fut également le cas en Italie où, sans beaucoup d'égards, les journaux distribuèrent les blâmes, jugeant le circuit, les casques, l'équipe Williams pour déposer des fleurs contre ses grilles. Le directeur commercial de la firme, Richard West, raconta qu'<<un petit garçon arriva d'abord avec quelques fleurs. Il n'avait probablement jamais vu Ayrton Senna ailleurs qu'à la télévision, mais Ayrton signifiait tout pour lui. Lorsque le sport perd un champion comme Ayrton, des millions de gens dans le monde ont l'impression de l'avoir jamais rencontré.>>
 Frank Williams, resté en Italie, arriva en début d'après-
midi, les yeux rougis, et pénétra dans l'usine sans s'arrêter. Il lui fallut du temps pour choisir ses paroles. Lorsqu'il fut prêt, ce fut pour dire : << Williams Grand Prix Engineering est une grande famille et, bien qu'Ayrton ne nous ait rejoints que cette saison, lui et moi étions depuis longtemps en excellents termes et je suis fier de rappeler que la première formule 1 qu'il a pilotée était une Williams. Il s'était engagé à fond avec nous et c'était réciproque. Il adorait la course automobile et partageait cette passion avec tout le monde à Didcot. Nous sommes une écurie de Formule 1, totalement consacrée au sport, et nous continuerons notre tâche comme, j'en suis convaincu, Ayrton l'eût souhaité. Il était devenu un personnage clé de l'équipe en un temps record et j'espère que ce que nous accomplirons à l'avenir honorera sa mémoire.
 << Sa disparition est une perte inestimable. Tous ceux qui l'ont rencontré en n'importe quelles circonstances sentent bien qu'on a perdu un être tout à fait à part. Nous tous, au sein de l'équipe Rothmans-Williams-Renault, nous nous souviendrons de lui avec respect, admiration et affection. Nos plus sincères condoléances vont vers sa famille et tous ses amis du monde entier.
 << Actuellement, nous sommes en train de rassembler et d'étudier tous les éléments permettant éventuellement de déterminer les causes de l'accident. La FIA, autorité suprême du sport automobile, qui a pour politique d'instruire tous les accidents, examinera aussi toutes les informations relatives à celui-ci. >>
 La FIA annonça une réunion à Paris le mercredi suivant : << La FIA recueille tous les rapports de ses commissions technique, médicale, de sécurité et de contrôle, ainsi que ceux de l'écurie concernée et des employés du circuit. Dès réception de ces rapports, ils seront examinés en urgence. >>
 Jean Todt, directeur sportif de Ferrari, précisa en Italie que les travaux allaient commencer immédiatement en vue d'améliorer les casques, afin de protégé par un châssis solide et qu'il y a eu de gros progrès en matière de sécurité sur les circuits. Il est évident que le point faible est la tête du pilote. Les casques sont lourds et sujets à d'énorme décélérations, mais rien n'a été fait pour protéger la nuque. Pour moi, c'est une question primordiale. >>
 Avant le Grand Prix de Saint-Marin, Prost avait déclaré qu'en Formule 1 << tout est fait en fonction des affaires, pour l'argent et rien pour le sport >>. Max Mosley, président de la FIA, rétorqua que << la vérité est, en  général, que les pilotes veulent avoir la voiture la plus rapide. Ils ne sont pas vraiment préoccupés par la sécurité. Celle-ci relève de notre responsabilité et c'est une chose à laquelle nous portons constamment intérêt et attention. >>
 En Italie, la justice ordonna l'autopsie des corps de Senna et de Ratzenberger, mit les voitures et le circuit sous scellés. Elle confisqua tous les films sur la course. On parla de l'ouverture d'une procédure criminelle vis-à-vis du directeur du circuit, des responsables de Williams et de Simtek.
  Le chagrin submergea le Brésil. Le président du pays, Itamar Franco, décréta trois jours de deuil national et annula tous ses rendez-vous officiels. Le ministre des Affaires étrangères, Celso Amorim, tenta de hâter le retour de la dépouille mortelle de Senna et proposa son avion, mais les magistrats de Bologne insistèrent pour que l'autopsie ait lieu le mardi matin. L'une des anciennes petites amies de Senna, Marcella Praddo, révéla que sa fille avait Ayrton pour père. La course aux millions de Senna était lancée.


Mardi 3 mai


 Les gros titres frappèrent de nouveau comme << Senna, l'erreur fatale >>. Le directeur technique de Williams, Patrick Head, était cité par des journaux italiens et brésiliens :
<< Ayrton Senna a commis une faute. Nous avons étudié les données télémétriques. Il a légèrement levé le pied juste sur le creux à l'endroit où le revêtement change. Il en est résulté une perte d'appui sur l'arrière qui a causé un tout-droit. >>
 Plus au calme, en arrière-plan. Damon Hill apportait sa contribution. << Malgré ses préoccupations sécuritaires, Ayrton, au volant, allait à la limite. Il roulait tout le temps à cent pour cent et, de ce fait, mérite le respect de tous les pilotes. Je n'oublierai jamais la courte période où j'ai travaillé à ses côtés et je considère comme un immense privilège d'avoir été son coéquipier. Les disparitions de Roland et d'Ayrton ont profondément marqué tout le monde. >>
 Plus au calme aussi, en arrière-plan, la dépouille mortelle de Senna volait vers Paris pour y être transférée sur un vol de nuit régulier à destination de Sao Paulo, ultime étape vers son pays bien-aimé.


Mercredi 4 mai


 Une garde d'honneur attendait l'avion de la Varig qui émergea à l'aube d'un ciel sinistre. Six cadets de l'armée de l'air chargèrent le cercueil sur un corbillard spécial, en fait un véhicule d'incendie, qui commença sa lente procession vers la chapelle ardente dressée à l'assemblée législative de l'Etat de Sao Paulo. Six motocyclistes l'encadraient, six autres, en flèche, le précédaient. A l'entrée de la ville, les motos furent remplacées par la cavalerie et le cortège ralentit au point que des milliers et des milliers d'admirateurs purent accompagner le champion défunt. Un million de Brésiliens, peut-être, étaient présents. A l'assemblée législative, une foule immense était déjà rassemblée. De nombreux drapeaux étaient agités en silence comme un hommage muet. Là, seize hommes en uniforme portèrent le cercueil lentement le long d'un tapis rouge jusqu'aux massives colonnes blanches, à l'intérieur du bâtiment. Le cercueil était drapé aux couleurs du Brésil, bleu, vert et or. Près de 250 000 personnes défilèrent devant Senna jusqu'aux funérailles du jeudi.
 A Didcot, Williams publia un communiqué. << A la suite des articles de presse selon lesquels l'équipe Rothmans-Williams-Renault aurait rejeté sur Senna la responsabilité de l'accident de dimanche, le directeur technique Patrick Head a émis le commentaire suivant : << Nous étudions toujours les données télémétriques et nous recueillons encore des informations, mais, à ce stade, nous ne pouvons en tirer aucune conclusion. Toutes les informations concernant l'accident ne sont pas accessibles pour le moment. Je crois que les conversations antérieures que j'ai eu au circuit ont été séparées de leur contexte et je tiens à souligner que je n'ai parlé à aucun journaliste à ce sujet depuis que j'ai quitté le circuit. A aucun moment, je n'ai dit que Senna était responsable. >>
 A Paris, la FIA se réunit et Mosley rencontra la presse. Faut-il annuler la suite de la saison ?
 << Ce serait réagir abusivement en l'asbence de toute certitude. Chacun a été profondément affecté par ce qui est arrivé ce week-end à Imola. Nous sommes confrontés à certains problèmes dans le sport automobile, mais nous devons rester calmes et conserver notre sang-froid. Il faut examiner les voitures avant d'énoncer des conclusions quant aux causes réelles des accidents. Ce que je puis vous dire, c'est que les trois accidents d'Imola - Barrichello, Ratzenberger et Senna - n'ont aucun lien entre eux.
 << Alain Prost a laissé entendre, entre autres que la Fédération n'avait eu aucun contact avec les pilotes dont elle serait, d'une certaine manière, éloignée. C'est complètement faux.
Cette idée n'a été émise que par des gens cherchant à semer le trouble. Nous avons travaillé en permanence depuis trois ans, et nous continuerons l'année prochaine, sur les moyens d'améliorer la sécurité. L'une des solutions examinées concerne les air-bags en cas de chocs frontaux.
 << Les mesures immédiates en faveur de la sécurité que nous pouvons prendre pour le Grand Prix de Monaco (quinze jours après Imola) portent sur la circulation dans la zone des stands. Ce sont les suivantes : 1) L'entrée et la sortie des stands seront aménagées de manière à casser la vitesse des voitures, réduisant ainsi les ravitaillements qui entraîneront des pertes de temps. 2) Interdiction pour quiconque de stationner devant les stands, sauf au moment d'intervenir sur une voiture ou immédiatement après une intervention. 3) Nous ferons en sorte de limiter le nombre de voitures entrant aux stands à chacun tour. Les arrêts non prévus à l'avance ne pourront pas servir aux ravitaillements ni aux changements de pneus. >>


Jeudi 5 mai


 Il fut conduit vers le repos éternel avec beaucoup de dignité. Berger, Prost, Stewart, Emerson Fittipaldi et Hill portèrent le cercueil, visages sombres, fermés, peut-être encore incrédules. Les autres acteurs de son existence étaient aussi présents, Frank Williams, Ron Dennis, de l'équipe Marlboro-McLaren. Les fleurs couvrirent le cercueil avant l'inhumation. Une salve d'artillerie salua le héros national et, très haut dans le ciel, les avions tracèrent un gigantesque S. Ayrton Senna da Silva reposait dorénavant au cimetière Morumbi au centre d'un grand cercle. La forme exacte d'une roue.


                                                                                             Londres, 15 mai 1994





 

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#Posté le dimanche 29 avril 2012 09:07

Modifié le mardi 01 mai 2012 14:45

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